De Pondichéry, on prend le bus pour Trichy, où l’on passe la nuit avant de prendre un autre bus vers Karur dans le but de rencontrer Samy et Cristina, fondateurs d’AREDS et SWATE, deux associations partenaires visant l’amélioration des conditions de vie des Dalits (caste la plus basse en Inde ; nom que ce sont donné ceux ultérieurement appelé les intouchables), et plus précisément celles des femmes en ce qui concerne SWATE.
AREDS, en français Association d’Education rurale et Service de Développement, est une organisation non gouvernementale à but non lucrative fondée en 1980. Elle est implantée depuis lors dans une zone reculée où plus de 90% des habitants sont Dalits, une communauté exclue de la société depuis des siècles. (www.aredsindia.org)
SWATE (Society of Women in Action for Total Empowerment) est un movement de plus de 10 000 femmes vivant en milieu rural dans le district de Karur visant la libération et le développement des femmes en organisant des activités d’épargne et de crédits, en aidant les femmes à s’organiser localement et en les fédérant sous SWATE, en renforçant les femmes socialement, politiquement et économiquement en mettant en places de actions de justice pour l’équité des genres et de lutte contre la pauvreté et les violences faites aux femmes. (www.aredsindia.org/swate.htm)
On discute d’abord avec Samy qui doit partir quelques heures plus tard dans le Kerala. Puis un des membres de l’association nous fait visiter les alentours, dévastés par l’excavation massive de sable aux abords de la rivière, pour les travaux de réhabilitation de la route principale qui se trouve un peu plus loin. Bien sûr, ces pratiques sont interdites. Mais cela n’empêche par les entreprises peu scrupuleuses de la faire. Du coup, les trous d’excavation se remplissent d’eau, et le lit de la rivière diminue très rapidement, ce qui pose des problèmes pour les activités de pêches.
Les terres cultivables exploitées aux alentours, autrefois détenues par la minorité Brahmane (faisant partie des classes supérieures en Inde) et travaillées par les Dalits (les intouchables)
Des pêcheurs s'installant dans leur embarquation de fortune
Le lendemain, Cristina nous fait visiter leur centre de formation, leurs activités de micro-crédits destinés à créer des activités génératrices de revenus pour les femmes, l’atelier de couture (dont une partie de la production est envoyée en Belgique, dans les Magasins du Monde d’Oxfam !) et l’école technique, en plein travaux. Quel dynamisme ! On est vraiment impressionnés par tant de dévouement et d’implication auprès de ceux qui sont marginalisés.
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