Nous avions demandé qu’au cours de notre séjour à PDG, on puisse découvrir l’organisation des soins de santé et la réalité vécue par les patients. C’est ainsi que grâce aux activités et aux relations de l’association PDG, notre petit programme prévoyait de se rendre successivement dans plusieurs hôpitaux et centres de santé. Nous nous sommes limités à visiter les institutions de soins d’intérêts publiques et lors d’autres occasions, nous avons pu discuter avec certaines personnes afin de bien comprendre les difficultés vécues au quotidien par la population.
Nous avons eu l’occasion de découvrir l’hôpital provincial de Bacolod, la capitale de la province de Négros Occidentale ainsi que deux hôpitaux de district, celui de Kabankalan (qui se situe juste en face de l’association) et celui de Himamaylan. Nous en avons profité pour nous rendre dans le DOT Center (Directly Observed Therapy Center) de la municipalité d’Himamaylan, là où les patients atteints de tuberculose sont suivis et prennent tous les jours leurs comprimés sous la surveillance d’une infirmière. Nous avons aussi pu découvrir le centre de santé de la municipalité d’Himamaylan (City health office) où certains patients privilégiés, ceux détenteurs d’une « carte d’indigent » délivrée par le maire (en d’autres mots, patients achetés en tant qu’électeurs pour les prochaines élections communales) peuvent se rendre à moindres frais. Nous avons aussi rencontré la représentante de l’association « Negros Island Health Integrated Program », membre de l’ONG nationale « Community Based Health Program » qui nous a dressé brièvement l’état de santé du système de soins au sein de l’archipel et nous a aussi exposé les activités de son organisation. A la fin de notre séjour, nous aurons aussi l’occasion de participer avec eux à une mission médicale au profit de communautés isolées dans les montagnes.
Le cadre du système de santé aux Philippines est très difficile à comprendre. Les hôpitaux qui fonctionnent et peuvent délivrer des soins de qualité sont essentiellement privés et donc trop chers pour beaucoup de Philippins. La plupart des hôpitaux publics subissent eux aussi une phase de privatisation ce qui rend l’accessibilité des soins aux indigents plus difficile. Nous avons pu nous rendre compte du manque de moyens pour assurer un fonctionnement de base de ces hôpitaux et centres de santé publics, des difficultés pour accéder aux médicaments essentiels. Nous pourrions en parler longuement. Comme illustration des nombreux dysfonctionnements, prenons simplement le fait que même dans le labo de l’hôpital, aucun réactif pour réaliser le diagnostic de la tuberculose n’était disponible depuis 6mois. Et que malgré cela, les échantillons de l’hôpital n’étaient même pas analyser par le laboratoire du centre de la tuberculose, flambant neuf, et tout équipé, situé à 1km…
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