jeudi 21 janvier 2010

Soirée de présentation des anciens projets de Terre - 12 février 2010

Rebonjour, après cette longue pause sans nouvelle. Veuillez excusez ce manque d’actualité. Le fin du parcours aura été quelques peu précipitée pour que le timing soit respecté. Nous avons donc poussé quelque peu sur le champignon afin de découvrir le maximum de l’Inde du Sud en un temps record… Et puis, beaucoup de choses se sont déroulées depuis notre dernier article. Un atterrissage dans la neige un peu brutal thermiquement parlant, un Joyeux Noel 2009 et déjà une nouvelle année 2010, un déménagement, de nombreuses retrouvailles…

Après ces quelques temps de répit nous reprenons notre clavier pour vous faire découvrir les richesses de la fin de notre voyage même s’il le reportage est en différé.

Par la même occasion, nous vous invitons à participer à une soirée ayant pour thème « les anciens projets de Terre ». Celle-ci se déroulera le 12 février au siège d'Autre Terre (Parc Industriel des Hauts Sarts, 4eme Avenue 45, 4040 Herstal). La soirée débutera à 20h. Les présentations porteront principalement sur la situation actuelle des anciens projets soutenus par AutreTerre.

- La platrière de Djémila en Algérie 40 ans après, par Charles Martinow

- Le projet Tierra en Bolivie 30 ans après, par José Constant

- Assador & Assaghsal au Mali, par André Wiertz

- PDG sur l’île de Négros aux Philippines, par nous

- Le Boat Building Center de Muttam en Inde, par nous

En espérant vous y voir très nombreux,

A très bientôt

Sophie et Samuel

mercredi 20 janvier 2010

Dumaguete (17-20 Novembre)

Après un peu de repos chez PDG, on décide de partir à l’exploration du reste de Négros. On traverse donc l’île d’Ouest en Est, pour nous diriger vers Dumaguete, où l’on passera 3-4 jours. On en profitera notamment pour se faire un petit plaisir : on ne pouvait quand même pas quitter les Philippines sans en explorer ses superbes fonds marins. On s’offre donc un baptême de plongée sur l’île d’Apo, particulièrement réputée pour ses magnifiques décors sous-marins. Et on n’est pas déçu !! Waw !! Dommage qu’on n’ait pas d’appareil-photo waterproof pour vous faire partager tout cela. Des coraux indescriptibles, des poissons de toutes les couleurs, de toutes les formes et de toutes les tailles, des étoiles de mer mauves géantes, des écrevisses rayées bleues et blanches aux longues antennes, et toute sorte de merveilles inconnues. Sophie se fera même surprendre par un serpent de 2m de long bleu, blanc et noir, remontant prendre l’air à la surface. Paraît-il mortel… On prolonge cette plongée par du snorkeling. C’est vraiment incroyable. Tout un monde que l’on ne connait pas. On est en admiration. Plus moyen de sortir de l’eau. On s’en souviendra longtemps, d’ailleurs, à cause du plus méchant coup de soleil de notre vie… Forcément, à passer des heures sur le dos, ébahi par tant de splendeur, on en oublie tout le reste…

Et pour clôturer notre petit passage dans cet endroit, on aura la chance de voir, par le plus grand des hasards, le défilé de dizaines de bébés tortues traversant la plage pour aller se jeter à l’eau. Un grand moment, plein d’émotion… Quel est cet instinct qui les poussent à se trainer avec leurs minuscules pattes jusqu’à la mer, et à se lancer dans des vagues qui font des dizaines de fois leur taille, alors qu’elles viennent tout juste de naître ? Et comment vont-elles faire pour s’en sortir dans ces eaux remplies de prédateurs, sans maman pour veiller sur elles ? Et pour trouver leur nourriture ? Décidément, cette nature est vraiment impressionnante ! On avait vu, au Nicaragua, les mères tortues remonter péniblement les plages pour aller creuser un trou et y abriter des dizaines d’œufs. La boucle est maintenant bouclée, puisqu’on a eu la grande chance d’apercevoir ces petits bébés sortirent de leurs coquilles, et retourner à la mer, avant d’être en âge de revenir eux-mêmes pondre leurs propres œufs sur ces plages…


Préparation à la plongée

Notre logement

Sur la route de retour vers Kabankalan, les camions chargés de
cannes à sucre qui défilent, en cette saison, sur l'île de negros



Les vendeurs de coquillages montant à l'assaut d'un bus à l'arrêt

Fact Finding Mission (13-14 novembre)

Si, aux Philippines, la situation est dramatique sur le plan économique, elle ne l’est pas moins en ce qui concerne les droits de l’homme. Avec près de 1.118 meurtres extra judiciaires et 204 kidnappings depuis la prise du pouvoir par le clan Macapagal-Arroyo en 2001, le régime de l’actuelle présidente peut se vanter d'avoir fait pire que l'ex-dictateur Ferdinand Marcos…

Des ONGs comme PDG ont un rôle important dans la formation des structures civiles et la défense de la participation démocratique du peuple. PDG, avec Karapatan (association de défense des droits de l’homme) et d’autres groupes, organisent notamment des missions de documentation, de collecte de données et d’informations sur la situation des populations rurales. C’est à une de ces « Fact Finding Mission » que l’on participera ces 13 et 14 novembre.

Concrètement, l’objectif de cette mission est de recueillir des témoignages dans le cadre de l’assassinat d’un membre d’une des associations soutenue par PDG, plus que probablement tué par les militaires qui occupent la région. Cette zone est en effet militarisée dans le but, officiellement, de faire face aux rebelles (New People Army) qui se cachent dans cette partie montagneuse de l’île. En réalité, dès qu’une communauté parvient à développer une structure forte et à s’organiser, prête à faire valoir ses droits, l’armé entre en scène. Les fermiers et les leaders des organisations civiques sont jetés en prison et parfois torturés. Les menaces de mort sont courantes. C’est pour cette raison que sur notre blog, nous n’indiquons pas le nom des communautés visitées et que nous ne ne diffusons pas de photos des membres de ces associations.

Une fois les témoignages et preuves recueillis, cette nouvelle exaction pourra être relayée à travers les médias, afin de la faire connaître, puisqu’il ne faut pas compter sur le système judiciaire philippin…

Pour des raisons de sécurité, PDG et ses partenaires se déplacent avec une large équipe composée de douzaines de participants. On se retrouve donc à plus de 70, à traverser rizières et forêts pour atteindre la zone reculée où vivait la victime. Membres d’associations de défense des droits de l’homme, ou simplement membre d’autres communautés partenaires de PDG, là pour faire masse. On interroge témoins et proches, afin de savoir exactement ce qu’il s’est passé. Des bois alentours, on se sait observé par les militaires qui se cachent. Pas très rassurant… Une fois les témoignages recueillis, on redescend les montagnes vers le village qui nous accueille pour passer la nuit, tous entassé dans les quelques maisons de la communauté. Le lendemain, d’autres potentiels témoins sont descendus pour continuer les entretiens. Ensuite, une présentation est faite devant le « People’s Hall » du village, afin de rendre publiques les conclusions de ces deux jours d’enquêtes. L’identité des coupables ne fait aucun doute, comme prévu. Mais les véritables preuves sont faibles. En tout cas trop faibles pour pouvoir faire quoi que ce soit face à la justice. Malgré les évidences…


A 40 dans le camion qui nous mène à 2h à pied de la communauté de la personne assassinée







Enquêtes devant la maison de la victime













Centre de santé financé par Quinoa (ONG Belge) et inauguré
quelques jours après, en plein milieu de nul part...



Repas du soir pour tous les volontaires de la mission



Café cultivé ici...

Seché sur la route...

Et ensuite passé au moulin afin de casser les coques

PDG, ainsi que d’autres organisations, s’élèvent pour défendre la liberté civique et joindre leurs voix contre ce régime de terreur. Fin octobre, à l’appel de plusieurs organisations, une marche de protestation s’est tenue pour demander l’arrêt de l’exploitation minière à large échelle, le développement des services sociaux de base au bénéfice des populations et l’arrêt du harcèlement militaire. Cette mobilisation des 20 et 21 octobre 2009 a été une démonstration impressionnante du pouvoir potentiel de la population rurale. Au cours de la longue marche sous la pluie, la population a crié ses droits à l’accès à la terre, à la nourriture, au travail et à la justice, et ce avec beaucoup de confiance en elle. Deux colonnes de plus de 1.500 travailleurs ruraux ont émergé à Kabankalan dans la soirée du 20 octobre. Ils ont partagé avec le public leurs expériences d’interventions militaires ou de disparition de leaders, ou encore les succès de leurs communautés lors d’occupations de terres.

Cependant, dès le 20 octobre, toute la ville de Kabankalan était couverte d’affiches de propagande présentant les groupes organisateurs de la manifestation comme des membres du parti communiste des Philippines et de la Nouvelle Armée du Peuple (groupe rebelle). Réalisée par les militaires, cette propagande était une brèche dans les droits démocratiques. La population rurale défendait ses droits constitutionnels – rien de plus, rien de moins. Dans un acte anticonstitutionnel, les militaires ont tenté de faire barrage aux libertés civiles.

Aux alentours de la mobilisation d’octobre, les militaires ont intensifié leurs opérations dans les terres intérieures d’Himamaylan et de Sipalay, dans le Sud de Negros. Plusieurs communautés partenaires de PDG ont été très affectées. De nouveau, des gens ont du fuir de chez eux. Capturés et détenus par les militaires, certains habitants, dont des mineurs, ont été torturés. D’autres se sont échappés pour se cacher dans la forêt. Certains d’entre eux ont trouvé refuge chez PDG, notamment 2 familles qui étaient là lors de notre arrivée et vivaient à nos côtés.

Depuis lors, deux fédérations membres du réseau partenaire de PDG ont adopté ces deux familles de réfugiés. Habitant des maisons simples en bambou, ils sont maintenant intégrés dans la vie de la communauté. Ils travaillent dans les fermes communautaires de PDG en attendant le temps où ils pourront retourner dans leur village. Cependant, ces villages sont justement situés dans des zones couvertes par des applications minières. Il est possible que le scénario d’intimidation dans la région d’Himamaylan ne soit qu’une manière de décourager la population, afin de laisser le champ libre aux opérations minières…

Pour plus d’informations, un texte de PDG (dont ce message est inspiré) déposé sur le site Internet d’Autre Terre fait le point sur la situation aux Philippines fin 2009 : http://www.autreterre.org/Uploads/News/Files/lettre_decembre_2009.pdf

Sipalay (12 novembre)

Après 2 jours de visite dans une communauté, on s’arrête dans l’après-midi sur le chemin vers Kabankalan, à Sipalay, une toute petite ville bordée par une plage assez sympa. On y passe la nuit, avant de rentrer tôt le lendemain à PDG pour partir à la « Fact Finding Mission » avec un groupe de volontaires.




Kalibutan (6 novembre)

Dans le but de garantir la sécurité alimentaire d'un millier de fermiers et de leurs familles, PDG, en partenariat avec Terre, a créé Kalibutan (ce qui signifie « terre » en Ilongo…). Les thèmes centraux de ce projet sont l'amélioration de la production, la transformation et la commercialisation de produits agricoles ainsi que le renforcement de l'organisation sociale des fermiers.

Les bénéficiaires sont plusieurs centaines de petits fermiers ou travailleurs agricoles qui se sont regroupés en 176 associations villageoises. Ces associations se sont elles-mêmes regroupées en fédérations. Les fédérations avec lesquelles Terre collaborait sont au nombre de 12, dispersées sur une surface grande comme à peu près un tiers de la Belgique.

A l’époque où Kalibutan était soutenue par Terre, leurs activités étaient de plusieurs types :

- Support à la production (distribution de carabao, semences et intrants (sous forme d’emprunts), prêts d’équipements et d’installations pré et post-récolte)

- Equipements de traitement du riz

- Aide à la commercialisation du riz

- Fabrication de technologies appropriées

- Centre de formation

- Fabrication de muscovado, à partir de 2004. Il s’agit de sucre de canne complet, non raffiné, de couleur brun foncé avec une forte teneur en mélasse, ce qui lui procure un goût prononcé. Pour le fabriquer, le jus extrait de la canne à sucre est chauffé. Lorsque tout le liquide est évaporé, le résidu est séché puis broyé.

Depuis 2005, lorsque le projet Terre a pris fin, le personnel, ainsi que les activités ont du être restreints. Ainsi, par manque de fond, ils ne font actuellement principalement plus que la commercialisation du riz ainsi que la fabrication de muscovado et d’herbes médicinales. Ils souhaiteraient pouvoir s’autonomiser financièrement, mais nécessitent pour cela un financement de départ, difficile à trouver.

On passera une nuit dans les bâtiments de Kalibutan, qui ont été financé par Terre. Ils sont toujours en très bon état, mais malheureusement peu utilisés par manque de moyens…

Pour plus d’infos sur cet ancien projet de Terre, rendez-vous sur leur site :

http://www.autreterre.org/fr/projects/10-kalibutan/28-introduction.aspx


Le séchage du riz


Processus de fabrication du muscovado



Les bâtiments





Le moulin à riz mobile (monté sur un camion pour l'emmener d'une
communauté à l'autre) et les sacs de riz en attente

Les déchets : l'écorce des grains, sur lesquelles se jètent poules et poussins...





Visite aux communautés de pêcheurs (5-8-9-10 Novembre)

Du côté des pêcheurs, la vie n’est pas beaucoup plus rose que chez les agriculteurs. La menace principale qui pèse sur ces populations des zones côtières est d’être exproprié en raison de projets de constructions touristiques. Les pêcheurs qui ont le malheur de vivre sur des plages paradisiaques, proches des poissons, sont en effet chassés au profit de beach resorts offrant aux touristes tout ce qu’ils sont venus chercher : du sable fin, des eaux turquoises et des spots de plongée incroyables. Mais les Philippines n’ont de paradisiaques que leurs cartes postales. Peu de vacanciers connaissent la réalité qui se cache derrière ces décors de rêve…

Notre première rencontre avec les communautés de pêcheurs nous emmène sur une péninsule, où les habitants exercent, depuis toujours, à la fois des activités de pêche et d’agriculture. On est accueilli comme des rois, avec un grand repas composé de plats préparés par chacune de famille : coquillages, huitres, poissons, poulet, légumes, kamote (patate douce)… et du riz, bien sûr. Un délice !

On participe à leur activité du moment : récolter le riz, avant de le faire sécher. Les terres appartiennent à un grand landowner. Jusqu’à il y a peu, ils vivaient en paix avec le propriétaire, cultivant ses terres et lui donnant ¼ de leur récolte. Mais il y a quelques temps, sa propriété a été rachetée par quelqu’un dont l’ambition est de construire un énorme complexe le long de la plage. Il tente depuis lors d’en expulser les habitants par tous les moyens : menaces par les armes, destructions des cultures, etc. Un hôtel a déjà été construit sur la plage, mais il voudrait en plus bâtir un casino… à l’endroit même où habite la communauté depuis toujours…

















Des maisons construites à côté des mangroves.
Quand l'eau monte, elle arrive juste sous le plancher...

Culture d'huitres





Bateau de pêche qu'ils utilisent la nuit


Mais comme si ce n’était pas déjà suffisant, d’autres obstacles les empêchent de subvenir à leurs besoins comme auparavant. Des produits chimiques polluent les rivières et rendent l’ostréiculture très difficile. Il en est de même pour les poissons, qui se font de plus en plus rares. On en aura la preuve à la tombée du jour, lorsqu’ils nous emmènent pêcher sur une petite île proche du rivage. Au total, quelques petits poissons à peine. Certainement pas de quoi nourrir toute une communauté. Au plus, une ou deux familles…











































La cuisine...


La deuxième communauté que l’on rencontre est confrontée aux mêmes difficultés. Tout d’abord un landowner qui s’approprie des terres publiques (en réalité, il s’agit de terres formées le long de la mer au cours des années à cause des dépôts charriés par la rivière, et relevant donc du domaine public, puisque la mer est publique). Que représentent 3 hectares, quand on en possède déjà des centaines ? Et pour toute une communauté qui n’a pas de terre pour produire de quoi manger chaque jour ?… Et pourtant, malgré le fait qu’il ne remplisse pas les conditions pour acquérir une nouvelle terre, le grand propriétaire terrien a pu obtenir un certificat de propriété. Alors qu’elle aurait du revenir à la communauté. Décidément, y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond, ici, aux Philippines… Grâce à l’appui de PDG, l’association de pécheurs-agriculteurs est en train de commander une enquête permettant de faire valoir leurs droits. Mais qui l’emportera ? Quand on n’a rien, on n’est rien, dans ce pays…

Ensuite, des poissons qui se font rares à cause des pêches industriels réalisées par de grosses compagnies étrangères. Après 2h en mer, on reviendra bredouille… Pas de poisson ce soir. Il faudra se contenter de riz blanc. Mais pour nous, ils sortent quand même quelques crevettes de leur petit étang. Et dire qu’à quelques kilomètres plus loin, à une distance inaccessible pour de petits bateaux, des gros chalutiers remplissent leurs filets de tous les trésors que la mer recèle…









1ère étape: on largue le filet en faisant un cercle

On effraye ensuite les poissons en frappant dans l'eau énergiquement

Puis on retire le filet...vide (à part quelques méduses)











A peine arrivé dans la troisième communauté visitée, on pourrait déjà presque deviner leurs difficultés: trop peu de poissons pour se nourrir, tentative d’expulsion pour la construction d’un complexe hôtelier… Petite nouveauté quand même : la création d’une zone maritime protégée le long de la côte, dans laquelle il est interdit de pêcher. Tiens, ce ne serait pas lié aux gros hôtels tout près, qui se sont lancés dans la plongée sous-marine... Comme cela tout le monde est content : des jolis poissons à montrer aux touristes, et la possibilité pour les grosses compagnies faisant de la pêche en haute mer de continuer à remplir leurs filets. Tout le monde ?… Boh, il reste juste quelques milliers de philippins qui n’ont plus de quoi se nourrir, mais bon, ça, de toute façon, estomac vide ou plein, ça rapporte pas…

La seule maison en dur du village, construite grâce à l'argent envoyé
par un des fils qui travaille à l'étranger. Le décallage est immense avec les
autres maisons aux alentours. Evidemment, c'est là qu'on nous fera dormir...




















L'eau est tellement transparente que l'on peut voir les coraux au fond...


En route en bateau pour une autre communauté toute proche, confrontée aux mêmes difficultés

Construction du toit d'une nouvelle maison traditionelle, en feuilles de coco






Un bateau d'un hôtel tout proche, amaré pour laisser ses passagers
faire une petite plongée dans la réserve marine interdite aux pêcheurs

De jeunes pêcheurs partant en mer à la tombée du jour, avec de lampes à
pétrole artisanales... et leurs bouteilles de rhum...


Samuel et Dino, un des fils de la communauté, revenant d'une
petite découverte des fonds sous-marins avec des lunettes de piscine...