samedi 18 juillet 2009

Trip aux Caraïbes

Ce samedi 27 juin, on prend la direction de la côte caraïbe du Nicaragua, principal objectif de notre petit périple de 2 semaines. Première étape : la petite ville de Boaco. Il s’agit en fait d’une petite ville de cow-boys, implantée sur 2 niveaux différents, la partie haute et la partie basse, et perdue au milieu d’une multitude de jolies petites collines dans lesquelles on ira se balader. Caractéristique principale : grâce aux nombreuses vaches qu’on y élève, on y mange de la bonne viande, ce qui n’est pas coutume, au Nicaragua…



On y passe la nuit, et pour la première fois depuis notre arrivée au Nicaragua, on aura même l’occasion de regarder cette petite boîte noire qu’on appelle télévision qui nous apprendra la mort de Mickael Jackson… et nous fera vivre en direct le lendemain matin le coup d’état au Honduras, pays voisin.

On se dirige ensuite vers El Rama, notre seconde étape avant d’embarquer pour Bluefields. La ville nous semble un peu étrange. Difficile de dire pourquoi, mais on ne s’y sent pas à l’aise. Les rues sont boueuses, et les seules activités semblent être les embarquements et débarquements de lanchas, ces barques à moteur qui assurent la liaison avec la côte caraïbe, sur le Rio Escondido. On se promène sur le cerro, une petite colline où les plus pauvres de la ville ont élu domicile. On traversera une carrière de pierres, que les gens concassent à la main pour en faire du gravier, chacun sous sa bâche, chacun son petit tas…


A 8h du matin le lendemain, notre lancha démarre direction Bluefields. Le rio est bordé par quelques maisons et cabanes, et surtout envahi par une végétation luxuriante. Le voyage en vaut la peine.

A l’arrivée à Bluefields, le choc est rude : on ne s’attendait pas à trouver un autre Nicaragua ! On se croirait en Jamaïque. Ici, on écoute du reggae, beaucoup ont des rastas. Blancs, noirs, indigènes… Quel mélange de cultures et de langues ! Tout le monde parle anglais et espagnol, plus certaines langues indigènes comme le Miskito. Une autre ambiance, au bout du monde, puisqu’on accède à la ville uniquement par avion ou par bateau. L’architecture aussi est différente : la plupart des maisons sont en bois, très colorées, et souvent à 2 étages, ce que l’on voit très rarement côté Pacifique.


Le soir, on assistera au départ spectaculaire du vieux ferry, remorquant une plateforme chargée de véhicules, à laquelle s’accrochent également les indigènes avec leur pirogue, pour rentrer plus rapidement chez eux…


Le lendemain, on se rend à la Laguna de Perla, une lagune située à un peu plus d’une heure de bateau de Bluefields (soit environ 80 km). Sur la panga, on rencontre deux allemands et un suisse avec qui on passera notre petit séjour dans la lagune. On commence notre visite par la petite communauté indigène d’Awas, située à quelques kilomètres de là. On y rencontre Orlando, qui fait partie de cette communauté et qui veut nous la faire découvrir. On passe le reste de la journée à se baigner dans la lagune, au pied des petites maisons, à boire et manger de la coco, et en fin de journée, Orlando nous prépare un bon petit plat de poisson et de yuca (manioc).





Le jour suivant, après quelques négociations avec les pêcheurs du coin, on finit par se mettre d’accord avec un qui nous emmène en bateau dans sa communauté à Kakabila. Le bout du monde n’est pas très loin. Ici aucune route, aucune voiture, juste une éolienne qui assure les quelques kWatts nécessaires à la vie de la communauté.


Pour repartir vers Bluefields, on saute dans un vieux taco sur le départ au lieu de reprendre la panga rapide qu’on comptait. Plutôt que te prendre 1h, le voyage durera quatre heures mais à aucun moment nous ne regretterons notre choix. On voyage avec les poules, les cochons et les perruches. Certains passagers sont là depuis plus de 24 heures sur un bateau dont le moteurs fait un vacarme de tous les diables, dont la fumée empeste, à se faire piquer par toute sortes d’insectes, en mangeant, dormant sur le bateau, chacun ayant installé son hamac dans un enchevêtrement compliqué. C’est un peu long pour tout le monde… Pour le capitaine aussi, apparemment, puisqu’on finira par faire un tout droit dans une des rives du Rio. C’est la panique générale. Mais plus de peur que de mal, après une petite marche arrière, on est reparti comme si de rien n’était. Du toit du bateau, on peut admirer une flore et une faune qu’on ne pouvait admirer avec la panga rapide. Un tout autre voyage : on croise des dizaines de pélicans aux grands becs, des papillons, des oiseaux de toutes les couleurs… et des quelques épaves toutes rouillées…



L’objectif du jour suivant est de descendre le long de la côte Caraïbes pour rejoindre la petite ville historique de San Juan del Norte, qui comme son nom ne l’indique pas est la ville la plus au sud du Nicaragua sur la côte, à la frontière avec le Costa Rica. Après plusieurs heures d’attente, on apprend que le bateau bi-hebdomadaire est annulé pour cause de mauvais temps! (On apprendra par la suite que le bateau était réquisitionné pour emmener un corps devant se faire autopsier suite à un décès suspect…). Si tout va bien, il partira demain… Dépités, mais pas effrayé par le mauvais temps, on comble alors cette journée en se rendant à El Bluff, le port de Bluefields. On s’attendait à n’y trouver qu’un affreux port industriel comme décrit dans le guide, mais on trouvera en fait également une plage de sable qui s’étend à perte de vue, sans aucune présence humaine à part celle des déchets amenés par les vagues… Notre premier contact direct avec la mer Caraïbe, puisque jusque là, on n’avait avait accès qu’à des lagunes. Même si ce n’est pas exactement le tableau dépeint par les cartes postales, puisqu’on aura droit à un orage « du tonnerre »…. Mais cela n’empêchera pas le conducteur téméraire de la lancha d’assurer la liaison retour vers Bluefields. Les passagers se protègent comme ils peuvent sous une bâche en plastique, qui ne sert pas à grand-chose, puisqu’on finira tous trempés jusqu’aux os.


Vendredi 3 juillet : San Juan del Norte, deuxième essai… Viendra, viendra pas ?... Il fait tout aussi mauvais qu’hier… Mais miracle, la panga arrive ! Ca y est, on se voit déjà à San Juan. Mais les choses ne sont pas si simples que ça. On attend d’abord une heure à Bluefields, sans trop savoir pourquoi. Mais enfin, on démarre. Là, cette fois, on se dit que c’est bon. Mais non, on s’arrête après 10 minutes à El Bluff, pour aller demander la permission de voyager à la capitainerie, ce qui n’est pas vraiment gagné, puiqu’il « drache pire qu’un 21 juillet », et que les éclairs et les coups de tonnerre ne s’arrêtent plus. Après ½ de négociations… on obtient le fameux cachet pour San Juan. Youhou ! On réembarque tous… avant de se faire débarquer par la garde portuaire, pour montrer un à un nos passeport et fouiller les sacs. Finalement, pas de trafiquants de drogue avec nous, on a le feu vert ! Pas la peine de préciser qu’après 5 minutes de mer sur notre petit bateau sans toit, on était déjà tous trempés de la tête aux pieds. La mer est complètement agitée. On rebondi sur chaque vague, en faisant des sauts énormes sur la planche sur laquelle on est assis et qui menace de craquer à tout moment. Le voyage est vraiment très pénible, avec cette mer qui se déchaine, et la pluie qui s’y ajoute. On en peut plus… On est malade… Plus jamais…Heureusement, après 3 heures de trajet, on bifurque vers l’embouchure du Rio Indio, sur lequel se trouve San Juan del Norte. Ouf… on est sur la terre ferme…



San Juan del Norte est une ville très intéressante au niveau historique, puisque c’était en effet le point de passage obligé du temps de la ruée vers l’or pour relier la côte Est à la côte Ouest des Etats-Unis en bateau à vapeur, avant le creusement du Canal de Panama. Difficile d’imaginer l’intense activité qui régnait ici au XIXe siècle. Mais les ouragans ont tout balayé de la vieille ville. Aujourd’hui, il n’y a malheureusement plus grand-chose à y voir…. ni à y faire, d’ailleurs…, à part se baigner dans la mer Caraïbe le long de plages vraiment désertes, ou dans une des lagunes du coin, épargnées par les crocos qu’on trouve dans le rio, et par les requins qui infestent la mer.





Le but est ensuite de remonter le Rio San Juan, qui fait la frontière entre le Nicaragua et le Costa Rica, jusqu’au lac Nicaragua. Pour cela, on doit prendre le bateau à 5h du matin. On se lève donc tôt. Il fait complètement noir… coupure d’électricité… et la lampe de poche vient de nous lâcher… Connaissez-vous le jeu « comment refaire son sac dans le noir le plus total et être sur de ne rien oublier » ? Pas évident… On y va à tâtons, mais au bout du compte, on ne s’en est pas trop mal sorti. On n’y laissera qu’une paire de chaussettes… Avec tout ça, on a juste le temps de sauter dans le bateau, et c’est parti pour 8h de voyage sur le rio. On s’arrête régulièrement pour charger des paysans vivants dans des cabanes le long du fleuve, qui profite du bateau pour aller s’approvisionner à la ville la plus proche. C’est vraiment impressionnant de voir toute cette vie régie uniquement par le fleuve.



On navigue jusqu’à El Castillo, un petit village à mi-parcours nichée au pied d’une forteresse datant de l’époque où Espagne et Angleterre luttaient pour régner sur les territoires de la région. On mesure bien son rôle défensif en contemplant le vaste panorama qui se déploie tout en haut de son promontoire. C’est encore une fois très riche au niveau historique.


On termine ensuite notre parcours sur le San Juan jusqu’à San Carlos, situé à la jonction entre le rio et le lac. C’est une étrange petite ville du bout du monde, sans aucune beauté apparente, mais l’ambiance est vraie, et les gens accueillants. Et le coucher de soleil sur le lac Nicaragua, duquel ressortent les îles Solentiname et les volcans de l’île d’Ometepe, est vraiment superbe…


On profite de notre présence dans cette région bordée de réserves naturelles pour passer deux jours dans le refuge Esperanza Verde, situé le long du rio Frío sur la route du Costa Rica. On y recense des requins d’eau douce, près de 400 espèces d’oiseaux, des singes, des toucans, des iguanes, des caïmans, des tortues, des papillons, des pizotes… Et bien sûr des petites bêbêtes beaucoup moins sympathiques, comme le coral (serpent au venin mortel) qui passera à côté de nous. La concentration d’animaux y est prodigieuse. Et la flore n’en est pas moins magnifique… Samuel est aux anges !



Le parcours qu’on avait envisagé au départ prévoyait de traverser ensuite le lac d’Est en Ouest. Malheureusement, on est mal renseigné sur les horaires du bateau qu’on s’était arrangé pour prendre. Il ne part que deux jours après. Et comme notre temps est compté, on décide de changer de programme, et de rentrer plutôt par la route qui longe l’Est du lac. Mais on aurait dû écouter les conseils : en saison des pluies, le trajet en bus est vraiment infernal. La route (si l’on peut vraiment parler de route…) est vraiment en très mauvais état. Le trajet dure 7h, pour effectuer la centaine de kilomètres qui nous sépare de Juigalpa, où l’on décide de faire une halte.

Juigalpa est située au cœur de la région centrale du Nicaragua, et est entourée de cerros (collines) qui offrent une vue superbe. Elle abrite également un musée archéologique qui rassemble les idoles précolombiennes excavées dans la région : des totems en pierre basaltiques de plus de 4m de haut, datés de 800 à 1200 de notre ère.



On termine ensuite notre boucle par Masaya, réputée pour son artisanat et son patrimoine folklorique. On visitera quelques petits ateliers de travail du cuir (les selles à cheval qu’ils produisent sont vraiment superbes) et de fabrication de hamacs, avant de retrouver notre petit « chez-nous » de Jinotepe. Fin de l’aventure…


3 commentaires:

  1. Merci Sof et Sam ... Plus besoin de partir en vacances ... Vous lire est déjà un TOTAL dépaysement ... Nous ne vous féliciterons jamais assez pour cette belle entreprise à votre âge ... Besos ... Marian Elaine et Nicolas

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  2. Nicolas et moi venons de suivre votre périple sur GOOGLE EARTH ... Super chouette ... Buen continuacion y prudencia ... M-E et Nic ...

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  3. Ola Sophie et Sam !
    Sacrée aventure et quelles émotions vous nous donner de vivre aux travers de vos reportages. Beaucoup de bonheur et d'émotions mais aussi quelques fois à en avoir un peu de froid dans le dos. Très bien, très interessant. Bonne continuation
    PS: ... et donc vous avez trouvé de sympathiques concurents éleveurs de vaches et fournisseurs de bonne viande... !
    A&G, éleveurs de bleu et blanco à Thimisterio

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