Le soir avant notre départ pour le trek du Canyon de Colca, on apprend qu’une course de voiture empêchera les bus d’emprunter la route vers le Canyon toute la matinée. On prévoit donc de prendre le bus de 11h45, qui a priori devrait pouvoir passer sans problème. A priori, car finalement, après quelques minutes de route, on se retrouvera bloquer, à devoir attendre pour pouvoir passer. Personne ne sait exactement combien de temps, mais « ça ne devrait pas être très long… ». On attendra finalement presque 5h le long de la route, avant de voir les premières voitures passer. Il s’agit en fait d’un rallye (le rallye de l’Inca), ce qui signifie que les voitures démarrent avec un certain décalage de temps, de quelques minutes. Il y en a 40… Faites le compte, et vous comprendrez qu’on a du encore attendre pas mal de temps avant de pouvoir réellement démarrer. Outre que la route ait été bloquée toute la journée pour laisser passer la course seulement en fin de journée, ce qui est vraiment surprenant, c’est que seul le trafic longue distance a été coupé. Pas le trafic interne… Ce qui donne une situation complètement surréaliste, où des voitures de course se faufilent à toute allure entre les voitures allant dans les deux sens, dépassent des vieux camions qui avancent péniblement, des motos, des vélos, et même un camion citerne, qui semblent ne pas se rendre compte de la situation, malgré les injonctions de la foule. Tout cela, sans aucune barrière de sécurité… Les gens, qui encouragent les pilotes, envahissent la route pour être au plus près de leurs idoles. Ou traversent la route sans faire trop attention. On est vraiment sidérés par le manque de sécurité…
On reprend finalement la route…mais après 1h, notre bus tombe en panne… Heureusement, un autre bus de la compagnie nous suit (celui de 9h30 du matin !). On grimpe dedans. Mais deux bus dans 1, ça fait beaucoup de monde… Nous voilà donc obligé de faire les 3h qu’il reste debout… Puis on devra attendre un autre bus, car celui qui nous a secouru ne va pas jusque là où on voulait aller. On finira pas atteindre Cabanaconde, le village de départ du trek, en pleine nuit. Pour les trois jours de trek, c’est raté… Va falloir le faire en deux, si on veut faire le parcours prévu…
Vraiment très rafraichissant, cette oasis, par cette chaleur ! D’autant plus que des bassins ont été creusés pour récolter les eaux, pour le plus grand bonheurs des touristes. On essaye de trouver un muletier pour nous accompagner dans le reste de notre parcours, mais aucun ne veut aller aussi loin, sur un chemin un peu inhabituel. Un d’entre eux nous propose finalement de louer sa mule, et de la guider nous meme, sans lui. Après quelques hésitations, on accepte...
Nous voila devenus muletier pour 2 jours... Ce qui nous permet d’affronter la montée de l’autre coté du Canyon en plein soleil un peu plus facilement. Nos débuts dans la profession sont un peu difficiles... On comprend l’origine de l’expression tétu comme une mule... Elle s’arrête tous les 5m et ne veut plus redémarrer. On a beau l’encourager en francais, espagnol, anglais, quechua...rien n’y fait... Puis finalement, petit à petit, on fini par trouver le truc.
Arrivés en haut, on passe par un petit hameau dans une oasis, dont les habitants nous secourent pour sortir d’une parcelle remplie de cactus qui nous laissent des petites aiguilles un peu partout. Heureusement, on a une mule "tous terrains". Et quand on se trompe et qu’on prend le chemin qui descend, on entend de très loin des voix nous crier « Amiiiigo, sube por arrrrriiiiiiba ». Pas moyen de se perdre : nos anges gardiens péruviens sont là. Comme durant tout notre séjour au Pérou, d’ailleurs ! On aura toujours pu compter sur leur aide et leur dévouement, de facon vraiment impressionnante, pour nous indiquer le bon chemin, que ce soit dans un minibus en pleine ville, ou dans les coins les plus reculés des Andes...
On bifurque sur un petit chemin à flanc de montagne, qui longe le canyon. Les paysages sont superbes... On fini par redescendre vers un autre village oasis, traverser le rio et arriver au campement où on monte la tente. Les proprios sont super sympas... et contents de voir arriver quelques touristes ! Ils nous aident à nous occuper de la mule. Car en fait, ca mange quoi, une mule ? Et ca boit quand ?... Et cerise sur le gateau : il y a des sources d’eau chaude naturelles, contenues dans des bassins. On en profite, apres notre longue journée de marche. Waw, ca fait du bien. Le cadre est vraiment superbe, au fond du canyon. Les étoiles commencent à apparaitre. Seuls au monde, dans nos sources d’eau chaude. Magique !
Le lendemain, on demarre à 7h, pour pouvoir rentrer suffisamment tot à Cabanaconde et prendre le bus. On retraverse le rio, revient un peu sur nos pas, puis on redescend pour franchir un autre rio, le long duquel se trouvent des geysers. Ils sont vraiment impressionnants. Les eaux sont bouillonnantes. On entame ensuite la longue remontée de l’autre coté du rio, pour arriver au village vers 13h, et rendre la mule saine et sauve à son propriétaire.
Le bus nous amenera cette fois sans soucis jusqu’à Arequipa. On découvre les paysages qu’on n’avait pas vu à l’aller, dans l’obscurité. Superbe !
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