vendredi 2 octobre 2009

Au Sud du Salar : Julaca et Rio Grande (22-23/09)

Julaca est un petit village dans lequel s’est déroulée la partie extraction de la chaux du projet de Terre en Bolivie dans les années 70. C’est là qu’ont vécu José, Salvator et Guillaume, à l’époque coopérants pour Terre (et qui y travaillent encore actuellement en Belgique pour les 2 premiers, et à Tierra en Bolivie pour le troisième). C’est également tout près de là qu’a vécu le papa de Samuel pendant 4 ans, en tant que coopérant pour Terre également, du temps où Samuel n’avait même pas encore été imaginé…

Un des seuls transports en commun du Sud Lipez passe justement par là. On saute donc dans le bus bihebdomadaire, dans l’espoir de pouvoir visiter ce qu’il reste des installations de Terre, ainsi que de Julaca. Heureusement, Basilio, de l’oficina de Tierra à Uyuni, nous a facilité les choses en nous donnant une petite lettre de recommandation à l’intention de Celestino, le gardien des installations.



La piste traverse des étendues désertiques. On comprend pourquoi il y a si peu de bus… On voit même des mirages : les extrémités des collines ne se voient pas. Etrange… Le bus est loin d’être aussi confortable que les 4x4 des agences. On rebondit dans tous les sens. Les passagers se demandent ce que l’on va faire par là. Ils sont intrigués de voir des gringos ici. Ils ont raison : quelle drôle d’idée. Surtout quand on arrive à Julaca et qu’on voit ce qu’il en reste. Pas difficile de trouver Celestino : on demande après lui à la première personne que l’on voit en sortant du bus… et c’est lui. Evidemment, il y avait beaucoup de chance pour qu’on tombe sur lui, vu la population du village. Il n’y a quasi plus que sa famille qui n’ait pas déserté les lieux, et quelques ouvriers de maintenance des chemins de fer, qui dorment dans un wagon. La plupart des maisons ont été abandonnées. Le vent souffle avec une force incroyable, emportant le sable un peu plus loin et produisant des bruits étranges. On se croirait dans une ville fantôme. Surtout avec cette ligne de chemin de fer qui la traverse de part en part, le long de laquelle sont alignées deux rangées de maisons. Ca fait très Far-West. A tout moment, on s’attend à voir débouler Lucky Luke sur son cheval blanc, à la poursuite des Daltons….


Celestino nous reçoit comme des rois, et nous donne même sa chambre pour passer la nuit. Il n’y a pas (plus) d’électricité. Il y a l’eau courante, mais au robinet dans la cour. Et les wc, oui, il y en a, mais ils sont au fond de la cour de l’école. C’est très rudimentaire, on tient difficilement tous les deux sur le lit vu notre format, et surtout, on a du mal avec la tête de lama fraichement coupée déposée sur le sol et qui empeste la chambre. Mais on sait qu’il nous offre tout ce qu’il a, peu importe où lui passera la nuit. On est gêné par ce sacrifice, mais il insiste.


Il nous fait visiter ce qu’il reste des installations. Les bâtiments ont été envahis par le sable. Dans la cafétéria, le menu du jour est encore affiché, comme si le temps c’était arrêté… Par contre, les trois fours à chaux s’élèvent toujours fièrement vers le ciel, même s’ ils ne fonctionnent plus depuis de nombreuses années… Celestino nous raconte le temps de Terre à Julaca, le temps des coopérants, puis les différents chemins qui ont du être pris vu que le coût du combustible a rendu la production de chaux non rentable: extraction de ballast pendant 3 ans pour un contrat avec les chemins de fer, projets de construction de routes , écoles et digues sur le Salar, explorations dans tout le Sud Lipez pour trouver des gisements intéressants, puis extraction de bore à Apacheta, une usine perchée à plus de 5000m près de la frontière avec le Chili (que l’on ira visiter quelques jours plus tard), où l’on produit de l’acide borique et du borax. Et depuis peu, traitement de l’ulexite à Oruro pour en faire de l’ulexite calcinée (voir le post sur Oruro, où on a visité l’usine).























Le lendemain matin, on imaginait reprendre le même bus lors de son trajet retour vers Uyuni pour nous rendre à Rio Grande. Mais finalement, un 4x4 de la commission électorale de la région en train de réaliser les listes « pour la réélection d’Evo », comme ils se présentent, nous charge jusque là.




On a rendez-vous avec Marcelo, l’ingénieur en charge du projet pilote du gouvernement d’extraction de lithium dans le Salar. Mais de Rio Grande, l’usine est encore à pas mal de kilomètres. On nous conseille donc de monter dans un camion de l’usine, quand il en passera un. Commence alors une longue, longue attente, qui durera presque 6h. On a loupé de peu le camion citerne. Pas de chance…


Finalement, c’est Marcelo lui-même qui passera par là, et nous emmènera visiter l’usine en construction, puis quelques puits d’extraction dans le Salar même. Ils sont en train de réaliser des forages profonds, car ils se sont rendus compte qu'il s'y trouve peut etre 5 fois les réserves mondiales que l'on avait calculé jusqu'a present. Un gros enjeu pour la Bolivie… et pour les autres pays, qui veulent aussi leur part du gâteau. Mais Morales tient bon, malgré les avances qui lui sont faites, et veut que ses réserves restent aux mains de la Bolivie.







On rentre ensuite sur Uyuni avec Marcelo, en traversant le Salar. C’est apparemment le chemin qu’il prend tous les jours pour aller travailler. 1h30 de traversée. Faut être bien réveillé le matin, si on ne veut pas s’endormir au volant, sur cette immense étendue blanche. Y a de quoi, pourtant, sans aucune route, sans circulation, … Et il faut connaître les montagnes au loin pour avoir des points de repère, car on peut dévier rapidement de sa trajectoire, et tourner en rond... Mais l'avantage, c'est qu'on peut regarder la carte tout en conduisant...


Arrivés à Uyuni, on passe aux bureaux de Tierra, pour organiser la suite de notre périple dans la region. A côte des bureaux, ils possèdent un magasin à moindre côut à destination de leurs employés.




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