lundi 27 juillet 2009

Miami (14-16 juillet)

En moins de 4h, nous voilà parachutés en Floride, et plus exactement à Miami. Ces plages de sables blancs bordées de cocotiers, ces chapelets d'iles, ... le tout dans une atmosphère un peu artificielle... On en profite pour prendre un peu le soleil sur la plage, avant le froid de l'hivers au Pérou, et on visite également rapidement le centre ville. Vraiment très surprenant, pour nous. On doit dire qu'on ne s'y sent vraiment pas trop à notre place. Des immenses grattes-ciel, des avenues énormes pleines de voitures, et quasi personne en rue. Et très très chaud...



On a mis du temps à éclaircir un obscure mystère: où sont les gens, ces êtres vivants avec deux jambes et deux bras? Les rues sont vides. Aucune animation... Etrange... On se dit qu'ils doivent être tous au travail, enfermés dans ces immenses buildings, et qu'on les verra sortir à l'heure de pointe. Mais à 17h, le flux de voiture grossit, mais toujours pas plus de bipèdes à l'horizon. Au bout d'un moment, on comprend finalement que, pour ne pas souffrir de la chaleur, les gens font tout en voiture, et qu'il y a des parkings en dessous de chaque immeuble, pour passer d'un endroit climatisé à un autre... C'était donc pour ca...

Bref, on se demande un peu ce qu'on fait ici... Miami n'est décidément pas faite pour nous, ou nous pour Miami. Mais on est contents d'avoir pu se faire notre propre idée...

Despedida

Lundi 13 juillet, on retourne une ultime fois à l'école d'Aprobenir, pour effectuer les dernières modifications sur la page web, mais surtout pour dire au revoir à toute l'équipe avant notre départ. On improvise un petit goûter à la fin des cours. Les élèves de la classe de couture nous ont confectionné une chemise pour chacun, en souvenir de notre passage à Aprobenir. Mais on n'en aura pas besoin, pour se souvenir de tous les bons moments passés ici...




C'est vraiment avec regret qu'on dit au revoir au Nicaragua, et surtout aux Nicaragayens. On a vécu des moments vraiment superbes, et rencontré des personnes exceptionnelles. Adios les volcans, les lagunes, les Caraibes, les plages de l'océan Pacifique... Hasta luego les singes, les toucans, les perroquets, les tortues, les orchidées... Demain, on s'envole pour notre prochaine destination: le Pérou, après une petite escale de 2 jours à Miami. Dépaysement total assuré...

samedi 18 juillet 2009

Granada

A peine rentré à Jinotepe, on décide de profiter de quelques jours qu’il nous reste au Nicaragua pour découvrir un maximum de choses, dont la fameuse Granada, à peine à une petite quarantaine de km de chez nous mais qu’on n’avait pas encore pris la peine de visiter. Quelle erreur ! Il s’agit d’une charmante ville coloniale, aux demeures néoclassiques, aux toits de tuiles et aux nombreuses églises. Située à l’ombre de l’imposant volcan Mombacho tout proche, elle est aussi bordée par le lac Nicaragua et ses fameuses Isletas (près de 400 petites îles basaltiques qui seraient nées suite à l’éruption du Mombacho il y a bien longtemps). Bon, c’est sûr, par rapport au reste du Nicaragua, c’est vraiment touristique, et on comprend pourquoi certains l’appelle « Gringoland ». Mais on comprend aussi pourquoi elle attire autant les foules…




Réserve de Chacocente

Pour nos deux derniers jours libres au Nicaragua, on choisi d’aller visiter la réserve de Chacocente, à une cinquantaine de kilomètres de Jinotepe. Il s’agit d’une réserve située en bord de mer, refuge de milliers de tortues lors des périodes de ponte sur les plages. A priori, la saison n’a pas encore vraiment commencé, mais on décide de se le tenter quand même. L’arrivée jusqu’à la mer sera beaucoup plus compliquée que prévu, puisque après 20 km de collectivo, 3 km à pied, et une dizaine en camion, on nous débarque sous un panneau qui nous indique « Refugio de Vida Silvestre de Chacocente : 16km », et là, plus aucun moyen de transport possible. C’est bien loin de ce qu’on nous avait dit… Mais bon, qu’importe… On marche, on marche, on marche… On traverse des rios, on patauge dans la gadoue, on se fait gentillement « attaquer » par des singes qui nous jettent des branches…. Mais malgré les indications qu’on nous avait donné, on finit par se retrouver dans un petit village de pêcheurs, à 4 km du refuge que l’on a dépassé… La nuit étant tombée, on décide de loger là, et de partir ensuite en direction de la réserve par la plage, en espérant croiser quelques tortues remontant pondre leurs œufs.



On croise des hueveros (braconniers qui prennent les œufs une fois pondus) guettant les arrivées. Par chance, ils nous apprennent que les tortues commencent à venir pondre depuis une petite semaine dans la réserve. Mais il n’y en a qu’une petite dizaine par nuit, contre les 3000 qui peuvent débarquer en une seule fois lors des pics d’arrivées… Ils nous montrent une tortue en activité (la première observée cette année en dehors de la réserve !) et un nid tout frais ! Ils ne peuvent pas rentrer dans la réserve, mais sont autorisés à prendre les œufs en dehors. Bien sûr, il y en a beaucoup moins… C’est un commerce qui rapporte gros.

Une fois passé la limite de la réserve, après quelques acrobaties pour passer des roches le long dans l’eau dans le noir le plus total, les apparitions de tortues se font de plus en plus fréquentes. Soudain, dans le silence de la nuit, 3 gardes en tenue militaire nous tombent dessus, en nous prenant pour des braconniers. Quelle frayeur ! Mais après quelques explications, ils se montrent très sympas, et nous indiquent encore quelques tortues.

C’est un spectacle vraiment étonnant, de les voir remonter la plage de façon obstinée, mais à leur allure de tortue, pour aller creuser un trou avec leurs petites pattes, y laisser plus de 100 œufs, et repartir s’enfoncer dans la mer. Elles sont de tailles énormes. Ca doit encore plus impressionnant de pouvoir assister à une de ces fameuses nuits d’arrivées. On se promet de revenir un jour, en saison. Mais on n’est déjà très contents d’avoir pu voir le superbe spectacle que nous ont offert quelques tortues cette nuit…

Le lendemain matin, on profite des grandes plages désertes et du soleil pour se baigner une dernière fois dans le Pacifique, même si on se fait piéger par quelques marécages et rios qu’il faut traverser pour y accéder.



Trip aux Caraïbes

Ce samedi 27 juin, on prend la direction de la côte caraïbe du Nicaragua, principal objectif de notre petit périple de 2 semaines. Première étape : la petite ville de Boaco. Il s’agit en fait d’une petite ville de cow-boys, implantée sur 2 niveaux différents, la partie haute et la partie basse, et perdue au milieu d’une multitude de jolies petites collines dans lesquelles on ira se balader. Caractéristique principale : grâce aux nombreuses vaches qu’on y élève, on y mange de la bonne viande, ce qui n’est pas coutume, au Nicaragua…



On y passe la nuit, et pour la première fois depuis notre arrivée au Nicaragua, on aura même l’occasion de regarder cette petite boîte noire qu’on appelle télévision qui nous apprendra la mort de Mickael Jackson… et nous fera vivre en direct le lendemain matin le coup d’état au Honduras, pays voisin.

On se dirige ensuite vers El Rama, notre seconde étape avant d’embarquer pour Bluefields. La ville nous semble un peu étrange. Difficile de dire pourquoi, mais on ne s’y sent pas à l’aise. Les rues sont boueuses, et les seules activités semblent être les embarquements et débarquements de lanchas, ces barques à moteur qui assurent la liaison avec la côte caraïbe, sur le Rio Escondido. On se promène sur le cerro, une petite colline où les plus pauvres de la ville ont élu domicile. On traversera une carrière de pierres, que les gens concassent à la main pour en faire du gravier, chacun sous sa bâche, chacun son petit tas…


A 8h du matin le lendemain, notre lancha démarre direction Bluefields. Le rio est bordé par quelques maisons et cabanes, et surtout envahi par une végétation luxuriante. Le voyage en vaut la peine.

A l’arrivée à Bluefields, le choc est rude : on ne s’attendait pas à trouver un autre Nicaragua ! On se croirait en Jamaïque. Ici, on écoute du reggae, beaucoup ont des rastas. Blancs, noirs, indigènes… Quel mélange de cultures et de langues ! Tout le monde parle anglais et espagnol, plus certaines langues indigènes comme le Miskito. Une autre ambiance, au bout du monde, puisqu’on accède à la ville uniquement par avion ou par bateau. L’architecture aussi est différente : la plupart des maisons sont en bois, très colorées, et souvent à 2 étages, ce que l’on voit très rarement côté Pacifique.


Le soir, on assistera au départ spectaculaire du vieux ferry, remorquant une plateforme chargée de véhicules, à laquelle s’accrochent également les indigènes avec leur pirogue, pour rentrer plus rapidement chez eux…


Le lendemain, on se rend à la Laguna de Perla, une lagune située à un peu plus d’une heure de bateau de Bluefields (soit environ 80 km). Sur la panga, on rencontre deux allemands et un suisse avec qui on passera notre petit séjour dans la lagune. On commence notre visite par la petite communauté indigène d’Awas, située à quelques kilomètres de là. On y rencontre Orlando, qui fait partie de cette communauté et qui veut nous la faire découvrir. On passe le reste de la journée à se baigner dans la lagune, au pied des petites maisons, à boire et manger de la coco, et en fin de journée, Orlando nous prépare un bon petit plat de poisson et de yuca (manioc).





Le jour suivant, après quelques négociations avec les pêcheurs du coin, on finit par se mettre d’accord avec un qui nous emmène en bateau dans sa communauté à Kakabila. Le bout du monde n’est pas très loin. Ici aucune route, aucune voiture, juste une éolienne qui assure les quelques kWatts nécessaires à la vie de la communauté.


Pour repartir vers Bluefields, on saute dans un vieux taco sur le départ au lieu de reprendre la panga rapide qu’on comptait. Plutôt que te prendre 1h, le voyage durera quatre heures mais à aucun moment nous ne regretterons notre choix. On voyage avec les poules, les cochons et les perruches. Certains passagers sont là depuis plus de 24 heures sur un bateau dont le moteurs fait un vacarme de tous les diables, dont la fumée empeste, à se faire piquer par toute sortes d’insectes, en mangeant, dormant sur le bateau, chacun ayant installé son hamac dans un enchevêtrement compliqué. C’est un peu long pour tout le monde… Pour le capitaine aussi, apparemment, puisqu’on finira par faire un tout droit dans une des rives du Rio. C’est la panique générale. Mais plus de peur que de mal, après une petite marche arrière, on est reparti comme si de rien n’était. Du toit du bateau, on peut admirer une flore et une faune qu’on ne pouvait admirer avec la panga rapide. Un tout autre voyage : on croise des dizaines de pélicans aux grands becs, des papillons, des oiseaux de toutes les couleurs… et des quelques épaves toutes rouillées…



L’objectif du jour suivant est de descendre le long de la côte Caraïbes pour rejoindre la petite ville historique de San Juan del Norte, qui comme son nom ne l’indique pas est la ville la plus au sud du Nicaragua sur la côte, à la frontière avec le Costa Rica. Après plusieurs heures d’attente, on apprend que le bateau bi-hebdomadaire est annulé pour cause de mauvais temps! (On apprendra par la suite que le bateau était réquisitionné pour emmener un corps devant se faire autopsier suite à un décès suspect…). Si tout va bien, il partira demain… Dépités, mais pas effrayé par le mauvais temps, on comble alors cette journée en se rendant à El Bluff, le port de Bluefields. On s’attendait à n’y trouver qu’un affreux port industriel comme décrit dans le guide, mais on trouvera en fait également une plage de sable qui s’étend à perte de vue, sans aucune présence humaine à part celle des déchets amenés par les vagues… Notre premier contact direct avec la mer Caraïbe, puisque jusque là, on n’avait avait accès qu’à des lagunes. Même si ce n’est pas exactement le tableau dépeint par les cartes postales, puisqu’on aura droit à un orage « du tonnerre »…. Mais cela n’empêchera pas le conducteur téméraire de la lancha d’assurer la liaison retour vers Bluefields. Les passagers se protègent comme ils peuvent sous une bâche en plastique, qui ne sert pas à grand-chose, puisqu’on finira tous trempés jusqu’aux os.


Vendredi 3 juillet : San Juan del Norte, deuxième essai… Viendra, viendra pas ?... Il fait tout aussi mauvais qu’hier… Mais miracle, la panga arrive ! Ca y est, on se voit déjà à San Juan. Mais les choses ne sont pas si simples que ça. On attend d’abord une heure à Bluefields, sans trop savoir pourquoi. Mais enfin, on démarre. Là, cette fois, on se dit que c’est bon. Mais non, on s’arrête après 10 minutes à El Bluff, pour aller demander la permission de voyager à la capitainerie, ce qui n’est pas vraiment gagné, puiqu’il « drache pire qu’un 21 juillet », et que les éclairs et les coups de tonnerre ne s’arrêtent plus. Après ½ de négociations… on obtient le fameux cachet pour San Juan. Youhou ! On réembarque tous… avant de se faire débarquer par la garde portuaire, pour montrer un à un nos passeport et fouiller les sacs. Finalement, pas de trafiquants de drogue avec nous, on a le feu vert ! Pas la peine de préciser qu’après 5 minutes de mer sur notre petit bateau sans toit, on était déjà tous trempés de la tête aux pieds. La mer est complètement agitée. On rebondi sur chaque vague, en faisant des sauts énormes sur la planche sur laquelle on est assis et qui menace de craquer à tout moment. Le voyage est vraiment très pénible, avec cette mer qui se déchaine, et la pluie qui s’y ajoute. On en peut plus… On est malade… Plus jamais…Heureusement, après 3 heures de trajet, on bifurque vers l’embouchure du Rio Indio, sur lequel se trouve San Juan del Norte. Ouf… on est sur la terre ferme…



San Juan del Norte est une ville très intéressante au niveau historique, puisque c’était en effet le point de passage obligé du temps de la ruée vers l’or pour relier la côte Est à la côte Ouest des Etats-Unis en bateau à vapeur, avant le creusement du Canal de Panama. Difficile d’imaginer l’intense activité qui régnait ici au XIXe siècle. Mais les ouragans ont tout balayé de la vieille ville. Aujourd’hui, il n’y a malheureusement plus grand-chose à y voir…. ni à y faire, d’ailleurs…, à part se baigner dans la mer Caraïbe le long de plages vraiment désertes, ou dans une des lagunes du coin, épargnées par les crocos qu’on trouve dans le rio, et par les requins qui infestent la mer.





Le but est ensuite de remonter le Rio San Juan, qui fait la frontière entre le Nicaragua et le Costa Rica, jusqu’au lac Nicaragua. Pour cela, on doit prendre le bateau à 5h du matin. On se lève donc tôt. Il fait complètement noir… coupure d’électricité… et la lampe de poche vient de nous lâcher… Connaissez-vous le jeu « comment refaire son sac dans le noir le plus total et être sur de ne rien oublier » ? Pas évident… On y va à tâtons, mais au bout du compte, on ne s’en est pas trop mal sorti. On n’y laissera qu’une paire de chaussettes… Avec tout ça, on a juste le temps de sauter dans le bateau, et c’est parti pour 8h de voyage sur le rio. On s’arrête régulièrement pour charger des paysans vivants dans des cabanes le long du fleuve, qui profite du bateau pour aller s’approvisionner à la ville la plus proche. C’est vraiment impressionnant de voir toute cette vie régie uniquement par le fleuve.



On navigue jusqu’à El Castillo, un petit village à mi-parcours nichée au pied d’une forteresse datant de l’époque où Espagne et Angleterre luttaient pour régner sur les territoires de la région. On mesure bien son rôle défensif en contemplant le vaste panorama qui se déploie tout en haut de son promontoire. C’est encore une fois très riche au niveau historique.


On termine ensuite notre parcours sur le San Juan jusqu’à San Carlos, situé à la jonction entre le rio et le lac. C’est une étrange petite ville du bout du monde, sans aucune beauté apparente, mais l’ambiance est vraie, et les gens accueillants. Et le coucher de soleil sur le lac Nicaragua, duquel ressortent les îles Solentiname et les volcans de l’île d’Ometepe, est vraiment superbe…


On profite de notre présence dans cette région bordée de réserves naturelles pour passer deux jours dans le refuge Esperanza Verde, situé le long du rio Frío sur la route du Costa Rica. On y recense des requins d’eau douce, près de 400 espèces d’oiseaux, des singes, des toucans, des iguanes, des caïmans, des tortues, des papillons, des pizotes… Et bien sûr des petites bêbêtes beaucoup moins sympathiques, comme le coral (serpent au venin mortel) qui passera à côté de nous. La concentration d’animaux y est prodigieuse. Et la flore n’en est pas moins magnifique… Samuel est aux anges !



Le parcours qu’on avait envisagé au départ prévoyait de traverser ensuite le lac d’Est en Ouest. Malheureusement, on est mal renseigné sur les horaires du bateau qu’on s’était arrangé pour prendre. Il ne part que deux jours après. Et comme notre temps est compté, on décide de changer de programme, et de rentrer plutôt par la route qui longe l’Est du lac. Mais on aurait dû écouter les conseils : en saison des pluies, le trajet en bus est vraiment infernal. La route (si l’on peut vraiment parler de route…) est vraiment en très mauvais état. Le trajet dure 7h, pour effectuer la centaine de kilomètres qui nous sépare de Juigalpa, où l’on décide de faire une halte.

Juigalpa est située au cœur de la région centrale du Nicaragua, et est entourée de cerros (collines) qui offrent une vue superbe. Elle abrite également un musée archéologique qui rassemble les idoles précolombiennes excavées dans la région : des totems en pierre basaltiques de plus de 4m de haut, datés de 800 à 1200 de notre ère.



On termine ensuite notre boucle par Masaya, réputée pour son artisanat et son patrimoine folklorique. On visitera quelques petits ateliers de travail du cuir (les selles à cheval qu’ils produisent sont vraiment superbes) et de fabrication de hamacs, avant de retrouver notre petit « chez-nous » de Jinotepe. Fin de l’aventure…