vendredi 2 octobre 2009

Vers Apacheta et la frontière chilienne: le Sud Lipez (24-26/07)

Notre objectif est maintenant de rejoindre le Chili, en traversant le Sud Lipez, pour y voir non seulement les curiosités touristiques, mais aussi Mañica, le village où le papa de Samuel a travaillé pour Terre en tant que coopérant pendant 4 ans sur le projet Quinoa, ainsi que l’usine de Tierra à Apacheta. L’idée était de profiter des camions de ravitaillements de Tierra qui font la navette régulièrement entre Uyuni et Apacheta, mais finalement, ça ne se met pas bien. Seule solution, vu qu’il n’existe pas de transports en commun dans cette partie de la Bolivie : passer par une agence. Et comme il n’y a pas moyen de faire un tour du Sud-Lipez sans passer par le Salar (à moins de sortir les billets verts pour organiser un tour sur mesure…), nous revoilà reparti pour un tour du plus grand désert de sel… Mais cette fois-ci, on prend la version condensée : 1 jour dans le Salar (à la place de deux comme avec Jatisse), puis deux dans le Lipez. On trouve une agence d’accord de faire les détours vers les endroits où l’on veut passer. On ne pourra évidemment pas y rester aussi longtemps que ce qu’on voulait, mais bon, c’est mieux que rien.


On s’insère donc dans un groupe de 9 français 3x20. Plus le suisse qui nous accompagne également, on comptabilise à nous trois un bon 3x20 aussi. Ce qui fait un paquet de vingtaines réparties dans deux jeeps…

Cimetière des trains, village de Colchani, hôtel de sel, île d’Inca Huasi… On les passe tous en revue. Mais au lieu de filer à travers le Salar vers le Nord au pied du volcan, on part cette fois vers le sud, pour passer la nuit en bordure du Salar.














Le lendemain, le programme est chargé : vallées aux aspects lunaires, la laguna Hondida et autres lagunes, le désert de Dali, l’arbre de pierre, pour finir par la superbe Laguna Colorado, aux reflets rosés. Les paysages sont vraiment d’une extrême beauté. Et les couleurs (très mal rendues par notre appareil photo…) exceptionnelles. On n’imaginait pas que la Bolivie recelait autant de trésors ! Dans chaque lagune, des superbes flamants roses. Remarquez les différentes espèces, qui ont notamment des couleurs de queues distinctes.


Le chauffeur accepte de faire un detour par Mañica, et les installations de Tierra pour le projet Quinoa... Enfin, ce qu'il en reste, c'est-à-dire pas grand chose à part un mur de pierre...



















Comment fait-on le plein d'essence au milieu de nul part...




Le vilain petit canard version flamant blanc...






















A cause du froid et de l’altitude, la batterie de notre appareil photo tombe en panne. Et pas moyen de la recharger. Nous voilà donc sans photo pour le troisième et dernier jour…Et pourtant, il y en aurait, des paysages à photographier…


La journée commence sur les chapeaux de roue, avec un départ à 5h du matin. On attaque par une petite visite de l’usine d’Apacheta. Mais on est là avant l’heure de début du travail, donc on ne voit pas l’usine en activité. Ca nous donne quand même une bonne idée des conditions de travail, à plus de 5000 m d’altitude. Il y fait un froid de canard. Mais ils ne sont pas installés là pour rien : juste à côté de l’usine se trouve une source d’énergie géothermique, ce qui leur permet notamment de travailler au chaud. C’est vraiment impressionnant, ce que la nature a à offrir… Les ouvriers sont là pour des périodes de 4 semaines, qu’ils alternent avec 2 semaines de repos chez eux. Ici, contrairement à l’usine d’Oruro, ils peuvent importer de l’acide chlorhydrique depuis le Chili, ce qui leur permet de produire du Borax et de l’acide borique, qui possèdent une plus haute valeur ajoutée que l’ulexite calcinée produite à Oruro. Par contre, ca leur a valu des problèmes judiciaires importants, car c’est également avec l’acide chloridrique que l’on produit la cocaïne à partir de la coca… La concurrence a en effet lancé de fausses accusations à leur encontre.


On redescend ensuite de notre promontoire pour voir les impressionnants geysers Sol de Mañana en activité. Ca gougloute et blublup en énormes bouillons à la surface. Et ça produit de hauts jets de vapeurs d’eau et de soufre. Attention, il vaut mieux ne pas faire un pas de côté et tomber dedans. Par contre, le bassin rempli par une source naturelle d’eau chaude quelques kms plus bas est beaucoup plus accueillant. Enfin, surtout pour les plus courageux, car même si l’eau est à une température très agréable, il ne fait quand même pas beaucoup de degrés au-dessus de zéro à cette heure matinale. La nuit, la température peut en effet descendre jusque -30…


On met ensuite le cap sur la superbe Laguna Verde, au pied du volcan Licancabur, qui fait la frontière avec le Chili. C’est une des lagunes préférées des photographes professionnels. Et il y a de quoi…

On s’entasse ensuite tous dans un petit bus, pour passer le poste frontière bolivien. Bizarrement, le poste chilien est quant à lui à une trentaine de kms plus loin, juste avant l’entrée du village de San Pedro de Atacama. Comme d’habitude aux frontières terrestres, il nous faudra attendre notre tour patiemment, avant de retourner à la civilisation, après 3 jours à travers les paysages les plus naturels que l’on ait vu.

Et pas n’importe quelle civilisation : nous voilà maintenant au Chili. Quel choc au passage de la frontière. Ca n’a plus rien à voir avec la Bolivie. Le niveau de vie est nettement différent ! Ici, tout est plus organisé, plus propre, plus occidentalisé… et aussi plus cher ! On rencontre beaucoup moins d’Indiens. Une autre vision de cette Amérique du Sud si contrastée… Surtout dans ce petit village quasi entièrement dédié aux touristes…